Petite histoire poubelle ;)
Je vais a la friterie, apres le theatre.
Je rentre. Ca sent le vieux (vous savez cette odeur que tout le monde connait) melangee a l odeur de frites. L'endroit a l air plutot propre mais je n'ai pas le temps d'observer car je sens une presence a cote de ma jambe.
Je baisse la tete : un chien! Un gros en plus! Moi qui ai horreur de ca! il me regarde genre 'fais moi une caresse' ouais c est ca 'fais moi une carresse que je te bouffe ta main quoi!'
Soit... Je me mets a regarder le vieux monsieur mais mon oeil d'observatrice est tout de suite attiree vers les friteuses... Un peu grasses je dirais... Mmh Ca sent le sale...
Soudain, mon attention est retenue... Je tends l'oreille! Quel est ce bruit si familier, ce chant melodieux?
Je me tourne & la tout se fige : Moi, le temps, l espace, les personnes, meme les frites arretent de gresiller... Vous voyez les flash qu'ont les personnes dans les films?
Ben c'etait un peu ca. Quand tout le paysage alentour s eloigne de vous & que vous vous retrouver dans un autre endroit, completement different!
(La je vous revele une partie de ma personnalite car c est souvent ce qui se passe mais la a 18h14 c'etait la premiere fois que c'etait aussi fort!)
Donc je me retrouve dans un jardin, je suis sur de la brique, une pelouse en 3 parties s'etend devant moi. Une petite partie mitoyenne a celle des voisins, coupee par un petit etang, une chapelle avec Marie dedans et des fleurs du jardin dans un vase. Des rangees de fleurs derriere couleur pourpre, blanche, jaune,... L'autre s'etend jusqu'a une cloture. La 3eme partie est separee des deux autres par un chemin de pave. Tout au fond, de l'autre cote de la cloture, une arbre, gigantesque et des framboisiers ainsi que des fleurs! Au tout debut de la 3eme partie, des balancoires: 3 pour etre exacte! Elles grincent de n'avoir plus personne sur leur dos! Devant les balancoires, deux abris de jardin dont les fenetres sont en verre et les chasis en bleu. Un bleu delave, blanchit, craquele.
A coté de moi se trouve une enorme volliere verte, separee en deux parties. C'est de la d'ou provient ce chant melodieux. Des perruches, oiseaux la remplissant. Je les regarde, longuement. Elles me rappellent tant de souvenirs. J'aimerai tellement rester dans ce jardin...Aller dans l'abris de jardin, dans son petit grenier ou je n'osais monter. Defaire les clapiers à souris à l'aide d'un bois car je trouve ces betes tellement mignonnes! Elles ont autant droit a la vie que nous! Me rouler dans l'herbe, faire des cabanes, marcher le long de l'etang ; la peur au ventre 'hé si je tombe, maman me grondera-t-elle? Mais j'ai envie d'aller dire bonjour aux poissons moi! Meme si ils sont grands!' , monter sur les balancoires, me demander jusqu'ou mes pieds peuvent aller! Plus haut que le toit de l'abris, & si je continue iront-ils plus haut? Toucherai-je ce ciel rempli de nuages? Plus haut, encore plus haut! Mais aussi escalader les balancoires pour voir au dessus du mur le jardin du voisin; attendre qu'il rentre chez lui & imiter le cri du chien pour que ceux ci sortent ainsi que le voisin. Me cacher, rire, recommencer encore et encore. & finalement, me coucher dans la pelouse, une fleur dans mes cheveux, regarder les nuages en ecoutant ce chant melodieux des perruches!
Malheureusement je reviens a la realite avec le vieux qui me repete pour la 5eme fois je crois 'et vous mademoiselle ce sera?'. Ce reve n'aura ete que de courte duree mais m'aura fait un bien fou!
Quesqu'il me manque ce jardin! Ce jardin que je ne verrai qu'en songe!...Car jamais plus je n'y penetrerais... C'est surement mieux comme ca!